Être ou ne pas être un immigrant

Par Alfredo

L’intégration des immigrants est plus complexe qu’il n’y paraît. Le seul fait de venir de pays où le français est déjà parlé comme une deuxième langue ou intégré au processus de scolarisation ne suffit pas. Il y a de nombreuses barrières, certaines sont évidentes, d’autres subtiles.

Si on laisse de côté la langue et le climat - qui sont déjà de gros obstacles à surmonter - l’insertion des immigrants au quotidien des Québécois reste un défi important. Se trouver un emploi qui apporte des satisfactions en est un autre. Et avoir la capacité de cultiver sa patience mois après mois en s’apercevant que réaliser les projets ou buts qu’on avait en arrivant à Québec coûtera plus d’efforts qu’on imagine. D’ailleurs personne n’a dit que ça sera facile, mais c’est ici que naissent les barrières subtiles.

« Est-ce que tu crois que la froideur des Québécois est la cause de la difficulté qu’ont les immigrants à s’intégrer à notre société? » m’a demandé mon ami Sébastien en parlant de l’adaptation des immigrants à Québec. On pourrait parler de la froideur, mais d’après moi la froideur est une sorte de manque de sensibilité et surtout d’empathie par rapport aux autres. En même temps, c’est un manque de tolérance, de dialogue, de respect.

Et à Québec, on réalise qu’il y a une propension à regarder les gens sur un pied d’égalité. Par exemple, dans les ateliers du projet Mains de demain, en demandant aux participants quelle a été leur première impression de la ville de Québec, tout le monde nomme la politesse des Québécois. Ça on peut le traduire comme étant de la considération pour les personnes qui viennent d’ailleurs. Et c’est tout ça qui encourage les nouveaux arrivants à rester, à continuer malgré les difficultés. Bien sûr, il y a des gens qui vont dire qu’il y a des immigrants qui veulent vivre à Québec parce qu’il y a de bonnes conditions économiques. Eh oui! C’est sûr qu’il y a des personnes immigrantes qui croient avoir réussi comme immigrant parce qu’elles ont pu amasser de l’argent. Mais, elles aussi, elles imaginent d’abord leurs enfants dans un endroit sécuritaire, tranquille et respectueux.

Les barrières subtiles sont toutes celles qui se dressent lorsque les immigrants ont passé les épreuves des premières années, quand les difficultés du français et du climat ne sont pas le sujet de tous les jours.  C’est quand on commence à s’intégrer et à réaliser que les habitudes qu’on a apportées avec nous ne marchent pas ici.  Qu’on n’arrive pas à se faire des amis si facilement, qu’il faut se rencontrer plusieurs fois avant, dans plusieurs occasions sociales. Qu’il faut tout planifier à l’avance, comme jamais on ne l’a fait, parce que l’hiver on gèle et que l’été passe vite. Que les soupers ne sont pas après 18h, alors il faut arriver de bonne heure et chacun doit apporter son vin, etc. 

Mais qu’est qu’on fait avec nos habitudes? Ou on laisse de côté nos façons de se comporter dans notre société d’origine? Ou bien on les garde pour l’intimité ou bien on se rencontre seulement entre immigrants qui partagent nos manières de vivre ou bien on les oublie pour s’adapter ou bien on lutte pour échanger ce qui nous lie et ce qui nous éloigne. L’idée c’est de ne pas rester dans le ghetto d’une culture, en marge de la vie des Québécois. Être ou ne pas être un immigrant, c’est la question.         

Et c’est sûr que vous connaissez toutes sortes de barrières à ajouter à ce commentaire. Ou bien vous connaissez des portes d’entrées et avez le goût de  partager. Alors, mes chers amis, c’est à votre tour de vous laisser parler de…

 

 

 

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