À bas les frontières!

mains de demain

À bas les frontières! C’est le titre d’une entrevue qu’a donné Philippe Legrain fait à Daniel Chrétien, journaliste au magazine L’actualité. Le texte est paru dans le numéro du 15 avril 2008. Voici un résumé de cette intéressante proposition qui regarde l’immigration sur plusieurs facettes. 

Legrain est né à Londres, d’une mère estonienne et d’un père français, qui se sont rencontrés à New York. Il est économiste. Il a publié nombreux reportages et un livre où il encourage une immigration libre de toute entrave. Malgré les barrières de protection que dressent de nombreux États et la montée planétaire des partis anti-immigration, pour lui, les mouvements de population n’ont que des côtés positifs.

Entre autres, il croit que permettre à tout être humain d’aller travailler là où il y a des besoins de main-d’œuvre pourrait doubler la croissance économique mondiale!

Pourquoi devrait-on abolir les frontières et ouvrir tous les pays à la libre circulation des personnes? C‘est d’abord une question morale. Il faut mettre fin à cet apartheid mondial qui fait que les pays ouvrent toutes grandes leurs portes aux gens riches et instruits, mais les ferment aux pauvres, les forçant ainsi à rester dans leur misère. C’est aussi une question humanitaire. Libéraliser l’immigration fera autant pour aider les pays en vois de développement que toutes l’aide internationale qui leur est versée par les pays riches. Selon le Fonds international de développement agricole, les immigrants envoient chaque année dans leur pays d’origine l’équivalent de 300 milliards de dollars canadiens. C’est sans compter les transferts de connaissances : les premiers cafés Interner d’Afrique, par exemple, ont été ouverts par des émigrés qui revenaient d’Europe. 

Au journaliste qui lui a demandé son opinion au sujet de la manière de faire Canadienne, qui accorde des points aux candidats à l’immigration selon leurs compétences professionnelle, Legrain a répondu : Personne ne peut prévoir comment une personne contribuera à la société au cours de sa vie. Qui aurait pu prédire que Sergei Brin, arrivé comme réfugie soviétique aux États-Unis à l’âge de six ans, fonderait un jour le géant Google? De même, un système de points aurait empêché le père de Barack Obama d’entrer aux États-Unis, privant peut-être le pays de son prochain président. L’idée qu’un État choisisse qui entre ou non dans le pays est ridicule, immorale et non éthique. Une des conséquences directes de ce système de pointage au Canada, c’est que bien que vous manquiez de main-d’œuvre non qualifiée, vous continuez à privilégier la venue de travailleurs qualifiés. Une façon pur les gouvernements de dire aux électeurs : regardez, on ne choisit que les bons immigrants.  

Si tout le monde est libre d’aller vivre n’importe où, certains pays seront inévitablement pris d’assaut… Je ne crois pas. À la fin du 19e siècle, au moment où les États-Unis et le Canada avaient une politique plus ouverte vers les Européens, seule une faible proportion de ces derniers ont émigré. La plupart des gens n’ont pas du tout envie d’émigrer; ils sont attachés à l’endroit où ils sont nés. C’est aussi la raison pour laquelle la majorité des gens qui quittent leur pays le font souvent pour de courtes périodes.

Et une dernière question pour vous incite à lire l’entrevue complète: Selon vous, l’arrivée massive de migrants dans un pays contribue non seulement à la croissance économique, mais aussi à la baisse du chômage. Comment la présence de plus de travailleurs sur le marché du travail peut-elle avoir un tel effet?  Les immigrés sont prêts à occuper les emplois boudés par les gens des pays riches. Ils sont aussi davantage disposés à se déplacer dans les régions en manque de main-d’œuvre. Ils créent des entreprises et génèrent à leur tour des emplois. L’embauche d’une aide familiale immigrante, par exemple, permettra peut-être qu’un médecin retourne au travail. Ce médecin aura besoin à son tour de personnel… Par ailleurs, les immigrés sont aussi des consommateurs de biens et de services. Ils favorisent une activité économique accrue. L’Espagne est l’un des pays qui a reçu le plus d’immigrants au cours des 10 dernières années. Pendant cette même période, le taux de chômage y a baissé de façon considérable. Et croyez-vous que les États-Unis seraient devenus une telle puissance économique sans les immigrants? Certainement pas.

 

 

 

 

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